Comment choisir une assurance-vie ?

Dans la continuité de notre article de la veille, l’épargnant s’avère souvent inondé de propositions commerciales en assurance-vie. Avec la multitude d’offres présentées comme le produit miracle, un investisseur peut avoir du mal à choisir une assurance-vie.

Dans cet article, nous vous proposons une vision d’ensemble pour déterminer les critères à retenir pour effectuer votre choix.

 

Choisir une assurance-vie en fonction de vos objectifs

Inutile de prévoir des possibilités infinies dans votre contrat si vos objectifs sont simples. Nous le martelons régulièrement dans nos articles, mais les objectifs doivent déterminer le produit choisi, pas l’inverse…

Si vous avez un capital de quelques dizaines de milliers d’euros à placer, inutile de rechercher des contrats avec du private equity ou des placements compliqués. Tout au mieux, cela vous coutera plus cher.

Si vous souhaitez bénéficier de la fiscalité de l’assurance-vie, le contrat importera peu puisqu’il sera régi par le Code des assurances.

Pour épargner progressivement, optez pour un contrat qui a peu de frais et qui permet d’épargner quelques centaines d’euros.

Pour une gestion privée individualisée, vous devrez opter pour autre chose qu’une gestion pilotée collectivement. Un contrat proposant une gestion déléguée par un conseiller patrimonial ou une gestion sous mandat par un gestionnaire d’actif est indispensable.

En outre, pour une gestion incluant des actifs non traditionnels, dirigez vous plutôt vers le Luxembourg ou les contrats de gestion privée.

Sur ce point, pensez bien à distinguer:

  • Une gestion pilotée, c’est une gestion collective entre les épargnants accessibles avec quelques centaines d’euros. Vous n’avez pas un gérant dédié pour vous. Pour ces montants et le prix de quelques centaines d’euros, un gérant ne peut pas vous rencontrer tous les mois ou trimestres.
  • La gestion déléguée permet de déléguer à son conseiller en gestion de patrimoine. De la même manière, un conseiller doit vous faire un reporting régulier et expliquer sa stratégie. Nous voyons bon nombre de contrats qui n’ont eu aucun arbitrage pendant des années. Cela correspond t-il à vos objectifs ?
  • La gestion sous mandat individuelle permet d’attribuer un gérant d’actifs professionnel ayant le statut de prestataire de service d’investissement (PSI). Il est contrôlé par l’autorité des marchés financiers. N’espérez pas y accéder en dessous de centaines de milliers d’euros.
  • La gestion sous mandat de portefeuille en titres vifs: cette gestion personnalisée suppose plusieurs millions d’euros.

 

Quels frais à prévoir ?

Les investisseurs vont avoir pour critère principal les frais pratiqués par l’assureur et le courtier. Sans revenir sur les dérives constatées, les frais d’assurance-vie viennent grignoter votre performance si vous n’y prenez pas garde.

Beaucoup d’épargnants sont attirés par le « 0% droits d’entrée, 0% frais d’arbitrage ». Oui mais … la réalité complique un peu les choses.

Les frais d’assurance-vie se décomposent de la manière suivante:

  • Les droits d’entrée: compris entre 0 et 5%, ils s’affichent en général à 4-5% dans les conditions générales. C’est à dire que le courtier qui vous commercialise le contrat (CGP, banque, agent général, …) a toute latitude pour les négocier. Au-delà de 1%, fuyez ! Avec une épargne sans risque à moins de 0,5%, comment voulez-vous rattraper ces frais. L’idéal est de trouver un courtier qui ne prend pas de droits d’entrée.
  • Les frais de gestion de l’assureur: Il s’agit souvent un incompressible qui va de 0,2% à 0,5% et qui rémunère l’assureur lui-même (pas celui qui vous commercialise le contrat). Les banques en ligne sont assez agressives sur la tarification. Néanmoins, vous pouvez retrouver ces frais chez un courtier sans problème.
  • Les frais de gestion reversés au courtier/commercialisateur: ils s’ajoutent aux frais de gestion de l’assureur. En général les frais de gestion d’un contrat atteignent 1%. Certains contrats peuvent atteindre plus, ce qui constitue le problème principal de l’épargne retraite.
  • Les frais de gestion pilotée/déléguée/sous mandat/conseillée: Il s’agit de la rémunération du gestionnaire de l’épargne, celui qui va réaliser la gestion financière du contrat, le choix des OPCVM, titres, ETF, etc. Comptez entre 0,2 et 2% selon la gestion choisie. Une gestion sous mandat à 2% supposera un vrai gestionnaire d’actifs qui exerce un mandat individuel.
  • Les frais d’arbitrage: Généralement entre 0,5 et 1%, ils constituent les frais de changement de fonds dans le contrat. Un amendement prévoit de les supprimer pour éviter les arbitrages inutiles.

Et bien entendu, les frais de gestion sur OPCVM. Mis sous le tapis pendant des années, nous finissons enfin par prendre conscience qu’il y a un véritable enjeu sur les frais d’OPCVM.  En effet, lorsque vous choisissez un fonds dans un contrat, celui-ci subit aussi des frais de gestion… entre 1,5 et 3% selon le fonds choisi. Environ 50% est rétrocédé au distributeur. Ce qui fait qu’un CGP/agent commercial/ assureur, peut conserver jusqu’à 1,5% en plus des frais pratiqués ci-dessus.

 

Pour choisir une assurance-vie, regardez l’offre financière

Un contrat d’assurance-vie avec des frais légèrement plus élevés n’est pas forcément moins bon. Pour créer une véritable stratégie sur mesure, un contrat possédant des centaines de fonds (et donc des possibilités de réduire les frais) ou encore des fonds dits « clean share » (sans rétrocommission) semble pertinent.

De la même manière, les contrats en ligne bien que moins chers permettent rarement d’investir sur une gamme élargie d’ETF ou de titres vifs. Ces derniers sont mêmes réservés à des contrats haut de gamme (pour le moment) accessibles avec plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Dans le cadre d’une gestion conseillée par votre courtier ou CGP, une offre financière large est indispensable. Vous ne pouvez pas faire de gestion indépendante et efficace si vous avez uniquement des fonds d’une même maison de gestion.

C’est pour cela que les contrats bancaires sont parfois en décalage avec les architectures ouvertes.

Vous avez des contrats qui possèdent des centaines d’unités de comptes et accessibles avec quelques milliers d’euros.

Si vous souhaitez plus de diversité sur les actifs, le contrat luxembourgeois est le plus intéressant, mais accessible à des montants supérieurs.

 

La solidité de l’assureur

La compagnie d’assurance dans laquelle vous placez les fonds est importante. Un assureur qui n’a que quelques dizaines ou centaines de millions peut présenter une solidité moindre. Par ailleurs, observez le bilan de la société, son ratio de solvabilité et sa part de fonds euros. En effet, ce dernier coûte beaucoup d’argent à l’assureur qui doit diversifier ses activités.

Pour un assureur qui a un encours en fonds euros important, sa solidité peut se retrouver fragilisée. En conséquence votre épargne se retrouve en danger.

La plupart des assureurs encouragent aujourd’hui les épargnants à diversifier sur des unités de compte. Via des primes à l’ouverture, des bonus de rendement, etc.

Le courtier que vous avez derrière la gestion de votre contrat ne vous protège pas en cas de faillite de sa part. Il n’est que conseiller. Mais le véritable danger de faillite pèse sur l’assureur. Il faut donc une compagnie d’assurance ayant des encours importants, une diversification large et une réputation qui n’est pas à présenter.

Les gros assureurs possèdent des dizaines de milliards sous gestion, avec un gros pourcentage d’unités de compte . Dans le cadre des contrats 100% UC, le ratio de solvabilité peut être moins important, puisqu’il n’y a pas besoin de couvrir l’actif général en fonds euros.

 

La digitalisation, un élément incontournable

Cela coule de source, mais le papier à outrance n’a plus sa place dans l’épargne. Un contrat avec un accès internet, voir une application, semble logique en 2021.

La plupart des assureurs ont digitalisé leur process pour permettre des opérations en ligne.

L’avantage peut paraître ridicule, mais passer un arbitrage en ligne permet un horodatage défini et de passer rapidement un ordre en cas de retournement de marché.

Prenez garde aux contrats dont le back office a des défaillances. A terme cela peut jouer des tours.