28 Oct 2021 Diversifier ses placements: Comment s’y prendre ?
L’adage « On ne met pas tous ses œufs dans le même panier » s’applique parfaitement à la sphère patrimoniale. Diversifier ses placements demeure un indispensable pour tout investisseur qui recherche de la rentabilité et veut éviter les mouvements de baisse.
Pour autant, une diversification ne se résume pas à ouvrir un contrat dans toutes les banques ou assureurs disponibles. Malheureusement la pression des objectifs commerciaux dans la gestion de patrimoine force souvent à ouvrir des contrats, pour des montants parfois symboliques, sans que l’épargnant ait une réelle stratégie patrimoniale derrière.
Il n’est pas rare de rencontrer des clients ayant des placements multiples au point d’en abandonner le suivi.
Diversifier ses placements suppose une approche méthodique
Pour avoir une bonne diversification, encore faut-il avoir une vision claire de ses objectifs et de son patrimoine. Concrètement, l’investisseur doit opter pour une vision long terme et connaître son aversion au risque, la volatilité souhaitée, son profil investisseur, ses contraintes à court terme.
Il ne suffit pas de chercher le meilleur placement sur internet. Avec cette approche vous risquez surtout de tomber sur des placements douteux.
Placer de l’argent débute par un bilan de son patrimoine. C’est à dire une vision claire de tous vos actifs, passifs, flux et situation familiale.
Une fois ce bilan effectué, vous devez réaliser un questionnement complet, qui écartera d’office certaines préconisations:
- Pas de placement illiquide: écartez d’emblée l’immobilier et le private equity. Même si le placement vous paraît totalement sûr, l’immobilier n’est pas liquide par définition …
- Pas de volatilité trop importante à court terme: Le placement actions n’est pas adapté. La bourse, même sur les valeurs les plus importantes, constitue le placement volatil par excellence.
- Percevoir une rente complémentaire: Avec la baisse des rendements des fonds euros et des placements sans risque, l’immobilier demeure la seule source de rente pérenne. Le placement financier permet de constituer un capital sur lequel vous pourrez puiser.
- Profiter du levier de crédit: Pour emprunter, il faudra se diriger vers l’immobilier. Cependant, si vous avez déjà un capital, vous pouvez investir dans d’autres actifs grâce au crédit patrimonial.
- Gérer moi-même ou faire gérer par un tiers: Dans le premier cas, prévoyez la notion de temps et de réactivité. Faire du trading soi-même en bourse suppose une réactivité selon la qualité des actions. Une biotech est par définition beaucoup plus volatile qu’une action « patrimoniale » de long terme. Dans le cas où vous faites appel à un professionnel, qu’attendez-vous de lui ?
- Transmettre le patrimoine: Par définition, il s’agit d’un objectif à long terme (du moins nous vous le souhaitons). Avant de diversifier les placements, il faut choisir le bon support et la bonne enveloppe qui va avec (holding, contrat financier, etc.).
- Etc.
Attention à ne pas « sur-diversifier »
Bien que la diversification soit conseillée dans le cadre d’une stratégie patrimoniale, elle doit être réfléchie. En effet, il y a une différence claire entre avoir tout son patrimoine dans un seul actif et avoir 50 actifs différents.
Vous devez trouver un juste milieu qui tient compte des objectifs vus ci-dessus, des contraintes imposées et de la fiscalité. Pour autant, prenez garde à ce dernier point qui change régulièrement. Si un changement de fiscalité remet en cause votre diversification, c’est que dès le départ, il y avait un problème.
La diversification doit s’opérer en termes de classes d’actifs et de positionnement.
Typiquement, pour de l’immobilier, centraliser tous ses achats dans la même ville (ou dans le cas de Paris par exemple dans le même arrondissement) vous met en danger de marché et de liquidité. De plus, investir la totalité de votre patrimoine en immobilier ne permet pas une diversification des actifs suffisante. Vous risquez par exemple d’avoir un problème au niveau successoral. Vous pouvez également avoir un problème de liquidités en cas de coups durs. Il n’est pas rare de voir des ventes en catastrophe pour payer des droits ou des travaux. Notamment lorsque l’épargnant possède 90% d’immobilier.
A l’inverse, inutile d’investir dans tous les dispositifs existants et de créer un nombre incalculable de holdings. D’une part cela complexifie l’administratif et d’autre part cela coûte cher.
Ensuite, dans la sphère financière, avoir une dizaine de contrats d’assurance-vie de faibles montants ne protègera pas votre épargne. Vous multipliez des supports en vous privant d’avoir accès à certains supports éligibles avec certains montants. Par exemple, vous pouvez diversifier dans un même contrat (cf Assurance-vie au Luxembourg : Comment l’utiliser ?) ou encore investir dans plusieurs contrats solides avec une vraie stratégie.
Pour les actifs atypiques (vins, voitures, whiskys, etc.) ou encore les cryptoactifs, vous devez diversifier, mais ne vous éparpillez pas. Mettre quelques milliers d’euros dans tous les actifs ne vous donnera pas une croissance du capital exponentielle. Vous risquez d’oublier l’existence du placement et vous perdre dans la stratégie globale.
Pour y voir plus clair dans la diversification globale, un bilan patrimonial réalisé par un professionnel indépendant peut vous aider à mettre en place une stratégie.