12 Nov 2021 Produits dérivés: Protéger son épargne en assurance-vie ?
Face à la baisse progressive des fonds euros qui deviennent des actifs anxiogènes, les investisseurs recherchent des solutions alternatives pour leur épargne. Nous avions abordé dans un récent article l’intérêt des contrats luxembourgeois. Dans la continuité de cet article, l’assurance-vie au Luxembourg permet d’intégrer des produits dérivés dans certains cas. Il s’agit d’une alternative assez peu connue qui peut avoir tout son sens dans un état de marchés hauts.
Pour le moment, aucun contrat français ne peut intégrer ce type de produit, par contraintes règlementaires. Encore une fois, nous voyons l’intérêt des contrats au Grand-Duché.
Intégrer des produits dérivés de protection
L’idée est d’ouvrir un contrat d’assurance-vie luxembourgeois, obligatoirement supérieur à 250 000€ pour obtenir la catégorie C. Au sens de la directive 15-3 cela s’adresse aux clients qui ont 250 000€ chez l’assureur et 1 250 000€ de fortune mobilière.
Dans le contrat vous pouvez soit ouvrir un fonds d’assurance spécialisé (FAS) pour choisir vos actifs ou confier à une maison de gestion dans le cadre d’un fonds interne dédié (FID).
Vous allez réaliser une allocation sur mesure en sélectionnant des fonds OPCVM, trackers, titres vifs. Cette allocation qui se veut dynamique est risquée à court moyen terme et subit de plein fouet les marchés financiers en cas de baisse.
Cependant, en contrepartie, vous mettez en place un produit dérivé de type Put. Sans rentrer dans l’ingénierie financière, plus votre allocation va baisser, plus votre produit dérivé va monter.
La différence proviendra d’une « prime » que vous paierez pour vous protéger.
Exemple: Vous constituez une allocation visant un rendement annuel de 10%. Vous souhaitez tout de même vous protéger à court terme en investissant dans un put ayant une prime de 5% sur 6 mois. Dans le cas où votre allocation perd 30% dans les prochains mois, vous aurez réaliser une perte de 5%. Si votre allocation gagne 8%, votre gain sera de 3% (8% moins la prime que vous avez payée).
Si vous achetiez un put en direct avant une allocation, il s’agirait d’un produit purement spéculatif. Dans le cas où vous le couplez à une allocation, il agira comme un produit de couverture. La différence semble inutile et pourtant, elle a eu son intérêt pendant la crise Covid.
Des alternatives pertinentes mais à prendre avec précaution
La solution semble miraculeuse. Comme tout produit, il faut en comprendre précisément le fonctionnement. Concrètement, les sociétés qui émettent des put vont eux-mêmes se couvrir sur des indices sous-jacents. C’est pour cela que les fonds couverts doivent généralement répondre à une « logique » de marché basique.
Typiquement un fonds actions monde sans produits dérivés. Tel n’est pas le cas des fonds qui se donnent une totale latitude pour investir dans tous types d’actifs.
Par ailleurs, ce type de produit contient souvent des exclusions (fraude du gérant, faillite du fonds, fusion, etc.). Pensez à bien lire le contrat de put dans son intégralité.
Enfin, si vous devez investir une somme à court terme, n’oubliez pas que la perte sera constituée de la manière suivante:
- Prime payée pour le Put.
- Les frais payés dans le contrat.
Dans un contexte de marché incertain et avec un CAC à plus de 7000 points, la solution peut sembler pertinente néanmoins si vous êtes prêt à accepter une perte de 5-6%. Quitte à diversifier le reste de votre épargne sur du long terme.
Pour mettre en place ce type de solutions, vous devez au préalable définir une stratégie d’épargne concordante en déterminant précisément les investissements à court et long terme. Prenez garde également aux OPCVM à liquidité réduite, vous vous retrouveriez bloqués dans le cadre d’un retrait ultérieur.
Dans le cadre du contrat luxembourgeois, les parts clean shares deviennent indispensables. Vous réduisez drastiquement les rétrocommissions et réduisez la perte.